{"id":366,"date":"2018-07-31T12:12:16","date_gmt":"2018-07-31T10:12:16","guid":{"rendered":"http:\/\/vps509355.ovh.net\/?page_id=366"},"modified":"2018-07-31T12:19:37","modified_gmt":"2018-07-31T10:19:37","slug":"unepresentation_article","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/accueil\/expositions\/unepresentation\/unepresentation_article\/","title":{"rendered":"Une pr\u00e9sentation : article de Martine Sivanne"},"content":{"rendered":"<p>Une Pr\u00e9sentation : Sept vid\u00e9os dans la collection de Marc Fassiaty<\/p>\n<p>\u0152uvres pr\u00e9sent\u00e9es :<br \/>\nGeorge Barber, Shouting Match 2004, vid\u00e9o, 11\u201900\u2019\u2019, 1\/5<br \/>\nBertran Berrenger, Oiseau qui glisse 2007, vid\u00e9o, 2\u201950\u2019\u2019, 1\/3<br \/>\nJulien Creuzet, Standard and poor\u2019s, variation 3 2011, vid\u00e9o, 6\u201949\u2019\u2019, 1\/5<br \/>\nOskar Dawicki, Tree of knowledge 2008, vid\u00e9o, 4\u201900\u2019\u2019, 4\/4<br \/>\n\u00c9ric Duyckaerts, Retenue<br \/>\n2013, vid\u00e9o, 7\u201940\u2019\u2019, \u0153uvre unique<br \/>\nVal\u00e9rie Mr\u00e9jen, Jocelyne 1998, vid\u00e9o, 2\u201910\u2019\u2019, 1\/3<br \/>\nPierrick Sorin, L\u2019incident du bol renvers\u00e9 1993, installation de 4 vid\u00e9os, 2\u201908\u2019\u2019, 4\/5<\/p>\n<p>du 8 au 21 juin 2013<\/p>\n<p>Entre r\u00e9alit\u00e9 et m\u00e9taphore, l\u2019exposition vid\u00e9o intitul\u00e9e \u00ab une pr\u00e9sentation \u00bb invite le spectateur \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur le langage qui tend toujours \u00e0 privil\u00e9gier des d\u00e9finitions stables, rationnelles, et sur la chose vue s\u2019offrant comme copie du monde. Dans un univers fluctuant, o\u00f9 l\u2019\u00eatre humain est soumis \u00e0 ses passions et \u00e0 celles des autres, il s\u2019agit moins de reproduire l\u2019illusion du r\u00e9el selon des crit\u00e8res de vraisemblance pr\u00e9suppos\u00e9s que de cr\u00e9er une vision nouvelle, servie par un r\u00e9cit po\u00e9tique fond\u00e9 sur la m\u00e9taphore, source de toutes les m\u00e9tamorphoses.<br \/>\nTous les personnages pr\u00e9sents dans les sept vid\u00e9os s\u00e9lectionn\u00e9es appartiennent au monde r\u00e9el contemporain. L\u2019un deux est m\u00eame dot\u00e9 d\u2019un pr\u00e9nom (Jocelyne). Lorsqu\u2019ils s\u2019expriment, leur langue est connue, et les quelques paysages dans lesquels ils \u00e9voluent sont clairement identifiables.<br \/>\nMais la technique de mise en abyme utilis\u00e9e pour filmer ces personnages est con\u00e7ue pour que le spectateur ne tienne pas pour r\u00e9el ce qu\u2019il voit et ce qu\u2019il entend. Tous s\u2019adressent au public, soit directement (\u00ab Oiseau qui glisse \u00bb, \u00ab Standard &#038; Poor\u2019s \u00bb), soit indirectement (l\u2019interlocuteur d\u00e9rob\u00e9 \u00e0 la vue, de \u00ab Jocelyne \u00bb, le miroir du \u00ab Bol renvers\u00e9 \u00bb) ou regardent un d\u00e9cor qui se d\u00e9signe comme tel. C\u2019est le cas des paysages de \u00ab The tree of knowledge \u00bb, lieu surnaturel, et de \u00ab Shouting Match \u00bb. L\u2019\u0153uvre de George Barber est d\u2019ailleurs celle o\u00f9 s\u2019affiche le plus ostensiblement le caract\u00e8re non r\u00e9aliste du lieu. Dans un hangar cadr\u00e9 d\u00e8s la sc\u00e8ne d\u2019ouverture, des hommes \u00ab man\u0153uvrent \u00bb les personnages \u00e0 l\u2019aide d\u2019un c\u00e2ble, pour les faire avancer et reculer sous l\u2019\u0153il des projecteurs. Tandis que, depuis un hors-champ, des coups de sifflet, des applaudissements et des \u00ab very good \u00bb, encadrent chaque combat.<br \/>\nLes r\u00f4les ne sont plus clairement d\u00e9finis : les acteurs sont en m\u00eame temps spectateurs, tandis que les spectateurs eux-m\u00eames sont pris \u00e0 partie. Tout concoure \u00e0 souligner que quelqu\u2019un tient les r\u00eanes, tire les ficelles. En se donnant d\u2019embl\u00e9e comme la m\u00e9taphore d\u2019une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre, chaque \u0153uvre travaille cette subjectivit\u00e9 selon laquelle les personnages et le d\u00e9cor incarnent une ou plusieurs facettes de la personnalit\u00e9 de leur auteur, o\u00f9 le r\u00e9cit restitue une pens\u00e9e qui s\u2019\u00e9labore. Chez tous les vid\u00e9astes, l\u2019exp\u00e9rience de la souffrance v\u00e9cue comme un retour au chaos (m\u00eame si parfois l\u2019humour n\u2019est pas exempt), rend vaine toute tentative de repr\u00e9senter le monde selon la perception commune. En qualit\u00e9 de figure analogique, la m\u00e9taphore permet de passer d\u2019un plan \u00e0 un autre, du r\u00e9el \u00e0 l\u2019all\u00e9gorie, de l\u2019anecdote biographique au mythe.<br \/>\nChez Val\u00e9rie Mr\u00e9jen, une jeune fille, assise derri\u00e8re une table, raconte \u00e0 un interlocuteur situ\u00e9 hors cam\u00e9ra, le rapport sexuel qu\u2019elle a eu chez elle avec un homme apr\u00e8s qu\u2019ils soient all\u00e9s ensemble au restaurant. Le spectateur est imm\u00e9diatement questionn\u00e9 par l\u2019opposition entre deux champs contraires structurant le r\u00e9cit : l\u2019apparence de la jeune fille, sage, fig\u00e9e, d\u2019une p\u00e2leur laiteuse ; et la r\u00e9alit\u00e9 des faits, o\u00f9 Jocelyne relate, avec une pr\u00e9cision d\u2019horloger, le comportement d\u2019un partenaire qui n\u2019appara\u00eet plus appartenir \u00e0 un univers quotidien. M\u00e9tamorphos\u00e9 en un d\u00e9mon, en une b\u00eate luxurieuse qui \u00ab rugit \u00bb et qui \u00ab grogne \u00bb, il emprunte ses gestes \u00e0 ceux d\u2019un sculpteur f\u00e9brile qui \u00abp\u00e9trit\u00bb, \u00abmalaxe\u00bb et \u00abfrotte vigoureusement de haut en bas\u00bb. Surgit alors toute l\u2019expression de la cr\u00e9ation po\u00e9tique. Jocelyne symbolise les ravages que cause de tout temps le charme de la jeunesse. Le restaurant et l\u2019appartement servent de lieu pr\u00e9parant un d\u00e9nouement tragique o\u00f9 Jocelyne devient une autre Galat\u00e9e. Une Galat\u00e9e qui fonctionne \u00e0 l\u2019inverse de son mod\u00e8le : le d\u00e9sir masculin \u2013 qui provoque ici \u00ab tiraillements \u00bb, \u00ab grimace \u00bb puisqu\u2019il est subi (\u00ab c\u2019est lui qui a voulu \u00bb) \u2013 la transforme en statue de marbre. Seul la parole, m\u00e9canique, subsiste encore pour t\u00e9moigner. Avant, peut-\u00eatre, de se bloquer totalement, enfermant la jeune fille dans un mutisme d\u00e9finitif. Eros laisse place \u00e0 Thanatos.<br \/>\nUne douleur indicible \u2013 au sens litt\u00e9ral du terme \u2013 puisque muette ou exprim\u00e9e par des hurlements, anime pour leur part les personnages de Julien Creuzet (\u00ab Standard &#038; Poor\u2019s \u00bb), et de \u00ab Shouting Match \u00bb de George Barber.<br \/>\nLe jeune homme de \u00ab Standard &#038; Poor\u2019s \u00bb, torse nu, cadr\u00e9 en-dessous du niveau des \u00e9paules, regarde le spectateur droit dans les yeux. En tournant et retournant dans sa bouche, pendant un long moment et du bout des dents, un sucre de canne. S\u2019\u00e9chappe alors de l\u2019une de ses commissures un filet de salive qui s\u2019\u00e9coule \u00e0 terre pendant un long moment encore. Le jeune homme se caract\u00e9rise par un certain nombre de traits physiques : les cheveux blonds, les yeux bleus, une peau dor\u00e9e. Une premi\u00e8re lecture renvoie l\u2019\u0153uvre au portrait d\u2019un gourmand qui ingurgite des friandises jusqu\u2019\u00e0 s\u2019en rendre malade. Un d\u00e9faut qui, en r\u00e9f\u00e9rence au titre, a pour cons\u00e9quence d\u2019enrichir l\u2019industrie alimentaire.<\/p>\n<p>Certes, la notion de profit est bien au c\u0153ur du sujet. Mais la mise en sc\u00e8ne se fait m\u00e9taphorique une fois l\u2019origine martiniquaise de l\u2019auteur prise en compte. Le jeune homme est li\u00e9 au contexte que Creuzet veut sugg\u00e9rer : le sort d\u2019un peuple colonis\u00e9 et cruellement exploit\u00e9 dans les plantations de canne \u00e0 sucre. Ainsi, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9ment liquide est constant. Dans un jeu d\u2019\u00e9quivalences, la couleur des cheveux, des yeux et de la peau du gar\u00e7on font surgir : la mer des Cara\u00efbes, par laquelle arrivaient les bateaux charg\u00e9s d\u2019esclaves captur\u00e9s en Afrique ; les corps recouverts d\u2019huile de palme par les m\u00e9decins, avant la mise aux ench\u00e8res, pour dissimuler les maladies cutan\u00e9es ; le soleil br\u00fblant les peaux inond\u00e9es de sueur pendant souvent plus de dix heures par jour. La vision trouve sa touche finale avec le filet de salive qui se confond avec un filet de sang : celui des premiers Indiens cara\u00efbes extermin\u00e9s au moment de la conqu\u00eate des terres ; celui des esclaves venus d\u2019Afrique \u2013maltrait\u00e9s, tortur\u00e9s\u2013 d\u00e9port\u00e9s aux Antilles pour les remplacer.<br \/>\nAucune stabilit\u00e9 donc pour les Antilles fran\u00e7aises dont l\u2019histoire est, depuis le d\u00e9but, m\u00eal\u00e9 au sang de ses victimes. L\u2019identit\u00e9 de sa population semble s\u2019\u00eatre dissoute dans la vid\u00e9o de Julien Creuzet, rappelant que \u2013 avec son personnage, parfait repr\u00e9sentant de \u00ab sang m\u00eal\u00e9 \u00bb engendr\u00e9 par le m\u00e9tissage \u2013 ici la diversit\u00e9 est de mise. Mais cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration se l\u00e8ve et participe \u00e0 l\u2019affirmation d\u2019une antillanit\u00e9. Cette identit\u00e9 passe par la recherche d\u2019un pass\u00e9 authentique. Dans un travail de Sisyphe, il s\u2019agit d\u2019\u00e9voquer inlassablement les probl\u00e8mes majeurs d\u2019hier m\u00e9taphoris\u00e9s par les diff\u00e9rentes surfaces du morceau de sucre.<br \/>\n\u00ab Shouting Match \u00bb illustre \u00e9galement le th\u00e8me de la servitude de l\u2019homme par l\u2019homme pour des besoins \u00e9conomiques. Quel est, en effet, ce jeu au cours duquel des couples s\u2019affrontent, assis face \u00e0 face, dans un fauteuil pos\u00e9 sur une planche \u00e0 roulettes ; o\u00f9 celui qui crie le plus fort gagne du terrain sur son adversaire et emporte le match ? Dans leur apparence, les participants n\u2019ont rien que de tr\u00e8s ordinaire, de m\u00eame que le hangar d\u00e9saffect\u00e9 d\u2019une p\u00e9riph\u00e9rie leur servant de d\u00e9cor. Mais la vision po\u00e9tique les projette dans l\u2019univers du mythe des Enfers Grecs. Avec le hangar au toit pentu, les d\u00e9formations des visages et les cris pareils \u00e0 ceux des damn\u00e9s, la lumi\u00e8re des projecteurs devenant aveuglante telle des flammes consumant les corps, G. Barber entra\u00eene progressivement le spectateur dans la maison d\u2019Had\u00e8s. La situation g\u00e9ographique du lieu ent\u00e9rine le propos. L\u2019endroit se trouve en contrebas d\u2019un p\u00e9riph\u00e9rique qui, avec son flot incessant de voitures, s\u2019apparente au Styx, fleuve des enfers aux eaux toxiques. Les environs imm\u00e9diats, faits de parkings et de terrains vagues, ressemblent \u00e0 la lugubre plaine des Asphod\u00e8les. Le p\u00e9riph\u00e9rique-fleuve d\u00e9limite le passage avec le monde des humains, repr\u00e9sent\u00e9 par la ville et ses deux tours. Pour clore ce tableau, tous les sons \u00e9mis hors- champ, et qui poussent les individus au combat, figurent les voix des monstres et des d\u00e9mons tourmentant les d\u00e9funts. Car ce sont bien des d\u00e9funts en puissance ces hommes et ces femmes qui, aiguillonn\u00e9s par leurs employeurs entrent en comp\u00e9tition. L\u2019\u0153uvre repose sur la r\u00e9p\u00e9tition obsessionnelle de la m\u00eame sc\u00e8ne. R\u00e9duits \u00e0 une quasi immobilit\u00e9 dans leurs fauteuils, la position des salari\u00e9s transcrit leur espace psychique. Leur libert\u00e9 est feinte : ils sont man\u0153uvr\u00e9s, ramen\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pantins. Leur \u00e9nergie est celle du d\u00e9sespoir face aux transformations \u00e9conomiques et sociales. Leur lent supplice est d\u2019ailleurs inscrit dans la dur\u00e9e de l\u2019\u0153uvre elle m\u00eame et dans l\u2019alternance jour\/nuit. Dans cette entreprise de d\u00e9molition, dans ce jeu du ma\u00eetre et de l\u2019esclave, le chaos est indescriptible : l\u2019eau sur le sol, les fen\u00eatres refl\u00e8tent p\u00eale-m\u00eale d\u00e9sordre et d\u00e9sarroi. Avec ces mouvements de cam\u00e9ra Barber, exalte le vertige des hommes. C\u2019est aussi pour lui, le moyen de faire communiquer ce fragment de ville avec la ville tout court : avec le passage constant de l\u2019ombre \u00e0 la lumi\u00e8re, du bruyant au silencieux, de l\u2019intime au public. Comme si l\u2019essentiel d\u2019un r\u00e9cit \u00e9tait non pas les personnages mais leurs relations.<br \/>\nPar la richesse de sa technique narrative, \u00ab Shouting Match \u00bb fustige les rapports de force et d\u2019autorit\u00e9. Dans un monde cannibale, \u00e0 la face absurde et ricanante, les protagonistes finissent eux- m\u00eames par fabriquer une machine infernale qui les saisit et les d\u00e9vore. En filmant ces personnages sans contact les uns avec les autres, la seule question \u00e0 laquelle ils se cognent est : \u00ab qu\u2019est ce que l\u2019humanit\u00e9 ? \u00bb. Ce qui les relie : la col\u00e8re, une vocif\u00e9ration, celle de la survie. Mais le hangar g\u00eet aujourd\u2019hui d\u00e9truit, morcel\u00e9, et les fauteuils sont vides. La fin de la vid\u00e9o dresse un constat sans appel : l\u2019effacement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 industrielle \u2013le hangar d\u00e9sert\u00e9 par les hommes avec un tas de cailloux au premier plan\u2013 au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une culture bas\u00e9e sur les nouvelles technologies \u2013le jour se l\u00e8ve sur le p\u00e9riph\u00e9rique et les tours \u00e9clair\u00e9es\u2013.<\/p>\n<p>Parce qu\u2019il est susceptible d\u2019\u00eatre la victime de la passion d\u2019autrui, l\u2019\u00eatre humain peut rechercher l\u2019autonomie. Mais, l\u00e0 encore, son existence s\u2019\u00e9tablit en dehors d\u2019un pr\u00e9sent stable, que cette situation soit revendiqu\u00e9e (\u00ab Tree of Knowledge \u00bb) ou corresponde \u00e0 l\u2019exact oppos\u00e9 de la libert\u00e9 recherch\u00e9e (\u00ab Retenue \u00bb).<br \/>\n\u00ab Tree of Knowledge \u00bb, vid\u00e9o o\u00f9 le verbal est absent, montre un jeune homme v\u00eatu d\u2019une veste \u00e0 paillettes qui p\u00e9n\u00e8tre, de nuit et par effraction, dans un verger. Il est irr\u00e9sistiblement attir\u00e9 par un pommier dont il go\u00fbte tous les fruits avant de les recracher. Sous son action, les pommes pourrissent instantan\u00e9ment. Au bout d\u2019un moment, le jeune homme s\u2019\u00e9l\u00e8ve, comme en l\u00e9vitation, \u00e0 la cime de l\u2019arbre puis retombe. Il regarde une derni\u00e8re fois le pommier, crache, et puis s\u2019en va.<br \/>\nDeux mythes coexistent sous ces mat\u00e9riaux emprunt\u00e9s au r\u00e9el. Le mythe du jardin d\u2019Eden, signe d\u2019une nature id\u00e9ale, avec son arbre de la science du Bien et du Mal (comme indiqu\u00e9 dans le titre de l\u2019\u0153uvre) qui fut l\u2019instrument de la chute d\u2019Adam. Une telle reprise du \u00ab locus am\u0153nus \u00bb \u2013lieu de d\u00e9lices\u2013 peut renvoyer, de la part de l\u2019auteur, \u00e0 un go\u00fbt fort pris\u00e9 pur ce type de description remontant \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9. Mais ce paysage est surtout restitu\u00e9 pour signifier le hors temps d\u2019un \u00e2ge d\u2019or qui pr\u00e9c\u00e8de le r\u00e9cit d\u2019une destruction.<br \/>\nC\u2019est ici qu\u2019intervient le second mythe : celui de Dom Juan. En franchissant le mur, enceinte protectrice qui cl\u00f4t un monde, le jeune homme introduit avec lui ses influences n\u00e9fastes. Il est la figure de l\u2019amour par qui l\u2019an\u00e9antissement arrive. Physiquement il est jeune, beau, \u00e9l\u00e9gant, et plein de bravoure puisqu\u2019il d\u00e9fie les interdits. En un mot, il est s\u00e9duisant. En marge de ce trait, il faut rappeler que la force du personnage de Moli\u00e8re tient en ce que, pour s\u00e9duire, il se montre lui-m\u00eame s\u00e9duit : il se dit atteint par une sorte de \u00ab coup de foudre amoureux \u00bb et propose aussit\u00f4t le mariage. Puis il abandonne ses victimes d\u00e8s qu\u2019elle ont dit \u00ab oui \u00bb : Dom Juan est un profanateur. Le sc\u00e9nario de \u00ab Tree of Knowledge \u00bb est le m\u00eame. S\u00e9duit par ces superbes pommes aux forme sph\u00e9riques, le personnage va de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre, mord avec d\u00e9lectation dans leur chair, n\u2019en veut plus, provoquant ainsi leur fl\u00e9trissure. Sous l\u2019\u00e9clairage sa veste paillet\u00e9e brille de mille feux. Il est ce h\u00e9ros solaire, flamboyant, qui \u00e9rige l\u2019inconstance en devoir.<br \/>\nDom Juan ne trouve pas son plaisir au jeu de l\u2019amour mais dans l\u2019intelligence du jeu. Au lieu de croire, il veut tout comprendre et donc devenir capable de tout manipuler. L\u2019envol \u00e0 la cime du pommier symbolise cette figure de l\u2019orgueil incarn\u00e9 par le personnage qui se voudrait l\u2019\u00e9gal de Dieu. Mais la chute suit de pr\u00e8s l\u2019ascension. Celui qui bafoue les r\u00e8gles sociales, morales et religieuses, ne se voit pas cependant puni par Dieu, comme dans la Gen\u00e8se, ou bien englouti dans un ab\u00eeme de flammes, comme dans la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre. Les temps changent : le jeune homme, dans un dernier geste, affirme son nihilisme et part tranquillement. Sa seule punition, mais elle est capitale, est d\u2019\u00eatre priv\u00e9 du langage quand le spectateur se souvient de quelle fa\u00e7on en usait Dom Juan.<br \/>\nLe caract\u00e8re instable \u2013le plus grand coureur du monde- et monomaniaque de Dom Juan, aveugl\u00e9 par la passion \u2013avant toute autre- de lui m\u00eame, se retrouve dans le type de personnage \u00e9voqu\u00e9 par Eric Duyckaerts dans \u00ab Retenue \u00bb : l\u2019avare.<br \/>\nDebout dans une pi\u00e8ce encombr\u00e9e, les mains crois\u00e9es derri\u00e8re le dos, face au spectateur, il raconte la peur du vol qu\u2019\u00e9prouve le possesseur d\u2019une cassette et la convoitise de celui qui ne la poss\u00e8de pas. Avec l\u2019attrait suppl\u00e9mentaire pour le second, qui ignore le contenu de cette cassette, d\u2019en imaginer la valeur. Eric Duyckaerts, comme a son habitude, unique personnage de ses vid\u00e9os et connu pour sa ma\u00eetrise du langage, s\u2019exprime ici dans un style assez heurt\u00e9, \u00e0 l\u2019image de l\u2019avaricieux qu\u2019il veut d\u00e9crire, tomb\u00e9 dans une folie narcissique o\u00f9 plus personne ne peut le suivre.<br \/>\nIl est question de l\u2019 \u00ab Harpagon \u00bb de Moli\u00e8re, qui reste le symbole traditionnel de l\u2019avare, et du p\u00e8re \u00ab Grandet \u00bb chez Balzac. L\u2019auteur parle de leur \u00ab autorit\u00e9 au sens juridique, de leur autorit\u00e9 paternelle \u00bb, car ils ne poss\u00e8dent plus, loin sans faut, les qualit\u00e9s morales n\u00e9cessaires pour imposer consid\u00e9ration et respect. Leur passion pour l\u2019or, \u00ab m\u00e9tal pr\u00e9cieux, dense \u00bb, les a rendu tyranniques, aussi imp\u00e9n\u00e9trables aux sentiments humains que l\u2019or est inalt\u00e9rable \u00e0 la chaleur. Leur cupidit\u00e9 les am\u00e8ne \u00e0 vouloir sacrifier l\u2019avenir de leurs enfants (mariages forc\u00e9s chez Harpagon, Grandet allant jusqu\u2019\u00e0 s\u00e9questrer sa fille unique). La m\u00e9fiance perp\u00e9tuelle, la crainte d\u2019\u00eatre d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 de sa cassette, le d\u00e9sir de th\u00e9sauriser toujours plus est une ali\u00e9nation qui rend aveugle, asservit la volont\u00e9 et la raison. Eric Duyckaerts fait allusion au \u00ab silence \u00bb, condition lourde et sine qua non de l\u2019avaricieux pour conserver le secret sur ses affaires et sur le lieu o\u00f9 il cache son argent. Le silence m\u00e9fiant qu\u2019observe Grandet a l\u2019\u00e9gard de tous est, de ce point de vue, \u00e9difiant. Mais au-del\u00e0, ne faut-il pas voir pour les personnages atteints par cette obsession la solitude \u00e0 laquelle ils sont vou\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 leur mort ?<\/p>\n<p>Ailleurs, le vid\u00e9aste \u00e9voque \u00ab la promesse \u00bb, \u00ab l\u2019espoir \u00bb que repr\u00e9sentent la cassette pour autrui. Entre alors en jeu la puissance de l\u2019imagination qui pr\u00eate \u00e0 l\u2019inconnu rec\u00e9l\u00e9 dans la cassette le pouvoir illusoire de r\u00e9aliser tous ses d\u00e9sirs. Viennent imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019esprit le mythe de la boite de Pandore, au fond de laquelle reste l\u2019Esp\u00e9rance, et le mythe du coffret de Psych\u00e9 qui, en fait de beaut\u00e9, ne contenait qu\u2019un sommeil de mort. Ces deux boites restent le symbole de ce qu\u2019il ne faut pas ouvrir. \u00ab Promesse tenue, non tenue \u00bb : ouvrir une boite, c\u2019est toujours un risque.<br \/>\nDans un jeu sp\u00e9culaire, pour \u00e9noncer son discours, Eric Duyckaerts s\u2019installe dans la peau d\u2019un homme affect\u00e9 de ladrerie ou plut\u00f4t, par euph\u00e9misme, de \u00ab retenue \u00bb. C\u2019est dire qu\u2019il se situe dans un entre-deux, dans un mod\u00e9r\u00e9 compris entre l\u2019exc\u00e8s et l\u2019insuffisance. Il affiche une attitude professorale mais il renonce \u00e0 \u00e9crire sur son paper-board. Il r\u00e9alise une cassette vid\u00e9o dans un \u00ab espace cr\u00e9\u00e9, compact, dense \u00bb mais il laisse une porte entr\u2019ouverte. Il ne donne pas cette cassette, \u00ab m\u00e9taphore de l\u2019or \u00bb, mais il consent \u00e0 pr\u00eater son image. Il voudrait non pas faire ou ne pas faire, mais \u00ab essayer quelque chose \u00bb. Enfin, il aborde le sujet de son emm\u00e9nagement, signe qu\u2019il se situe encore entre deux appartements. L\u2019espace orchestr\u00e9 autour de lui est l\u2019exacte m\u00e9taphore de son \u00e9tat d\u2019esprit qui balance entre durable et momentan\u00e9. La biblioth\u00e8que fonctionne comme une r\u00e9serve de savoir, un tr\u00e9sor disponible. L\u2019escabeau permet d\u2019atteindre le rayon le plus \u00e9lev\u00e9 de la biblioth\u00e8que, l\u00e0 o\u00f9 se trouve peut-\u00eatre le plus pr\u00e9cieux dans le pr\u00e9cieux. Les cartons, caisses et piles de dossiers conservent en vue d\u2019un usage futur. Le tapis rectangulaire sur lequel le r\u00e9alisateur se trouve est une figure anti- dynamique, ancr\u00e9e sur quatre c\u00f4t\u00e9s. De m\u00eame que la voiture miniature, objet d\u00e9coratif, signale une propension \u00e0 vouloir donner les plus petites dimensions \u00e0 l\u2019\u00e9volution en marche. En contrepartie, le paper-board, qui occupe une grande place dans la pi\u00e8ce, ne re\u00e7oit que des informations non destin\u00e9es \u00e0 la sauvegarde. Et le vase vide transparent, le contraire d\u2019une mati\u00e8re dense et compacte, situ\u00e9 au premier plan, n\u2019accueille que des fleurs coup\u00e9es vou\u00e9es par d\u00e9finition \u00e0 l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re.<br \/>\nAu final, vouloir \u2013ou \u00eatre tent\u00e9 de\u2013 ne d\u00e9pendre que de soi revient au m\u00eame. Soit le sujet est rong\u00e9 par l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 maladive de voir cro\u00eetre son magot et de se le faire voler ; soit, pris entre deux options, il s\u2019affronte constamment \u00e0 l\u2019al\u00e9atoire en pesant le pour et le contre de tel ou tel choix. Tous deux sombrent dans la d\u00e9mence \u00e0 force d\u2019anticiper et de ne plus vivre dans un pr\u00e9sent o\u00f9 ils s\u2019esp\u00e9raient stables et libres.<br \/>\nPuisque tout est soumis au hasard, aux passions des uns et des autres, o\u00f9 tout n\u2019est qu\u2019apparence, autant se r\u00e9fugier dans un monde enfant. D\u2019ailleurs, ne dit-on pas pr\u00e9cis\u00e9ment que la v\u00e9rit\u00e9 sort de la bouche des enfants ? C\u2019est ce que Pierrick Sorin, dans \u00ab L\u2019histoire du Bol Renvers\u00e9 \u00bb, et Bertran Berrenger, avec \u00ab Oiseau qui Glisse \u00bb, proposent de d\u00e9montrer avec la simplicit\u00e9 naturelle de leurs personnages.<br \/>\nDans \u00ab Le Bol Renvers\u00e9 \u00bb, le \u00ab je \u00bb r\u00e8gne en ma\u00eetre car, \u00e0 l\u2019instar d\u2019Eric Duyckaerts, P. Sorin se met lui-m\u00eame en sc\u00e8ne. Il raconte l\u2019histoire, ou plut\u00f4t l\u2019absence d\u2019histoire, d\u2019un artiste en proie \u00e0 la paresse intellectuelle. L\u2019incident du chocolat renvers\u00e9 au petit d\u00e9jeuner l\u2019emp\u00eache de travailler et voue irr\u00e9m\u00e9diablement sa journ\u00e9e au d\u00e9sordre. Bien que fix\u00e9e dans un temporel (\u00abhier \u00bb) organis\u00e9 (\u00ab au d\u00e9part \u00bb, \u00ab apr\u00e8s \u00bb), la description se dilue dans la m\u00e9taphore d\u2019un enfant d\u00e9s\u0153uvr\u00e9 et d\u00e9stabilis\u00e9. Il s\u2019agit d\u2019abord du discours qui, donn\u00e9 sur un mode d\u00e9ceptif (\u00ab mauvaise journ\u00e9e \u00bb, \u00ab pas faire grand chose d\u2019int\u00e9ressant \u00bb), traduit le marasme psychologique du personnage : la syntaxe n\u2019est pas toujours respect\u00e9e et certaines phrases restent en suspension, comme inachev\u00e9es. C\u2019est \u00e9galement une d\u00e9stabilisation des gestes qui ne sont que \u00ab faux mouvements \u00bb, \u00ab coups de nerfs \u00bb et qui am\u00e8nent le personnage, sans raison d\u00e9termin\u00e9e, \u00e0 s\u2019agiter comiquement : il donne des \u00ab coups de pied dans un pouf \u00bb, il \u00ab saute nu \u00bb avant de \u00ab sautiller sur son petit escalier en remuant les fesses \u00bb. C\u2019est enfin l\u2019instabilit\u00e9 du temps qui, d\u00e9coup\u00e9 en petites s\u00e9quences, se divise en fractions.<br \/>\nAvec \u00ab le Bol Renvers\u00e9 \u00bb, P. Sorin construit une anti-\u0153uvre. Par son jeu sur le langage qui d\u00e9stabilise les styles, les formes linguistiques, en d\u00e9crivant la nature impr\u00e9visible des \u00eatres et des choses, l\u2019auteur tourne en d\u00e9rision le mythe de l\u2019artiste qui, ici, ne fait rien de ce qu\u2019il devrait faire en tant qu\u2019artiste. Il peint simplement un homme au naturel qu\u2019il d\u00e9nude, au vrai sens du terme, puisqu\u2019il se filme nu.<br \/>\nD\u00e9nud\u00e9, l\u2019Am\u00e9ridien de \u00ab Oiseau qui glisse \u00bb l\u2019est \u00e9galement. Bras crois\u00e9s, regard direct, le corps bien camp\u00e9 sur ses deux pieds, il r\u00e9p\u00e8te avec obstination : \u00ab Qu\u2019est-ce que tu connais sur l\u2019Oiseau alors que l\u2019Oiseau est le mot ? \u00bb. Diff\u00e9rence essentielle entre le mot et la chose soulign\u00e9e depuis fort longtemps. Le personnage est con\u00e7u comme une \u0153uvre d\u2019art. La fa\u00e7on dont il se d\u00e9tache sur l\u2019\u00e9cran, et ses tatouages tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9s, renvoient \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique de la peinture. La m\u00e9taphore de l\u2019univers pictural \u00e9voque celui de la vid\u00e9o qui, au-del\u00e0 d\u2019une fonction purement r\u00e9f\u00e9rentielle (un Am\u00e9ridien), comporte une signification symbolique (l\u2019histoire du peuple en son entier) et mythique (la surface du corps devient avec ses tatouages le support de la repr\u00e9sentation d\u2019un monde).<br \/>\nSon \u00e9nonciation, formul\u00e9e sur un mode incantatoire, renvoie \u00e0 l\u2019univers de la musique (le texte est d\u2019ailleurs emprunt\u00e9 \u00e0 un groupe rock des ann\u00e9es 1960). Le discours, lyrique, ne d\u00e9crit rien. Il s\u2019agit d\u2019un discours de persuasion qui, en s\u2019adressant \u00e0 un destinataire tutoy\u00e9, apostroph\u00e9, et reposant sur un effet de crescendo, vise \u00e0 agir sur les autres. Il prend l\u2019aspect d\u2019une comptine, o\u00f9 le personnage joue des attitudes enfantines : il balance son corps d\u2019avant en arri\u00e8re entre deux strophes pour ramener ses cheveux en arri\u00e8re, il a l\u2019air de d\u00e9fier le spectateur avec ses bras crois\u00e9s et son air ent\u00eat\u00e9. Le mot identifie ce qui n\u2019est pas identique pour tous. \u00ab Oiseau qui glisse \u00bb : la notion se d\u00e9place vers un autre concept li\u00e9 \u00e0 des repr\u00e9sentations diff\u00e9rentes. Un cri \u00e9touff\u00e9, puis la scansion \u00ab Papa ou Maman \u00bb, saluent la naissance de cette autre forme de pens\u00e9e.<br \/>\nEn donnant la parole \u00e0 un homme issu d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 tribale, les auteurs invitent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur cette envie permanente consistant \u00e0 vouloir fixer un r\u00e9el diff\u00e9rent selon les cultures.<br \/>\nEn conclusion, les sept \u0153uvres s\u00e9lectionn\u00e9es int\u00e8grent, chacune \u00e0 leur fa\u00e7on, un r\u00e9cit po\u00e9tique o\u00f9 la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est pas exclue. La vid\u00e9o est cet art mixte qui permet aux auteurs de manier fonction descriptive et fonction po\u00e9tique propre \u00e0 servir leur vision cr\u00e9atrice. La strat\u00e9gie de la m\u00e9taphore, o\u00f9 il ne s\u2019agit plus de d\u00e9signer une chose par un mot mais d\u2019ouvrir \u00e0 des sens multiples et cach\u00e9s, s\u2019inscrit dans ce discours polys\u00e9mique. Les mots et les choses deviennent des carrefours de sens o\u00f9 s\u2019articulent les pulsions de vie et de mort. En qualit\u00e9 de figure analogique, la m\u00e9taphore permet le passage au niveau mythique. Tous les artistes en pr\u00e9sence ont pour point commun le sentiment du tragique ; mais un tragique d\u2019o\u00f9 les dieux sont \u00e9vacu\u00e9s. C\u2019est une m\u00e9ditation sur la condition humaine o\u00f9 l\u2019Enfer se trouve dans l\u2019\u00e2me des \u00eatres humains, dans ses tourments et ses aspirations inassouvies ; c\u2019est la vision d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 instable vue par des personnages qui varient avec un langage qui est plus ou autre chose que ce qu\u2019il dit. Toutefois ce pessimisme peut trouver sa r\u00e9solution dans la foi en l\u2019homme capable de penser le monde. C\u2019est le cas dans \u00ab Standard &#038; Poor\u2019s \u00bb o\u00f9 le personnage semble d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 prendre son destin en mains ; dans le \u00ab Bol renvers\u00e9 \u00bb, o\u00f9 P. Sorin s\u2019amuse des travers humains ; dans \u00ab Oiseau qui glisse \u00bb, qui refuse un anthropocentrisme trop \u00e9troit.<br \/>\nD\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale toutes ces \u0153uvres, avec la technique de mise en abyme, de ce qui est commun\u00e9ment appel\u00e9 le \u00ab Th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre \u00bb, redonne \u00e0 l\u2019homme son authenticit\u00e9. C\u2019est par l\u2019artifice que jaillit le naturel. Le personnage de \u00ab Oiseau qui glisse \u00bb est l\u2019un de ceux qui expriment directement la voix de la nature.<\/p>\n<p>Martine SIVANNE.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une Pr\u00e9sentation : Sept vid\u00e9os dans la collection de Marc Fassiaty \u0152uvres pr\u00e9sent\u00e9es : George Barber, Shouting Match 2004, vid\u00e9o, 11\u201900\u2019\u2019, 1\/5 Bertran Berrenger, Oiseau qui glisse 2007,&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":260,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_mi_skip_tracking":false,"footnotes":""},"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/366"}],"collection":[{"href":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=366"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/366\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":368,"href":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/366\/revisions\/368"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/260"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/fassiatyvideofund.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=366"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}